Voyage

Motel Blues – Bill BRYSON

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« Je suis né à Des Moines. Ce sont des choses qui arrivent. Quand on naît à Des Moines, ou bien on accepte la situation sans discuter, on se met en ménage avec une fille du coin nommée Bobbi, on se trouve du travail à l’usine Firestone et on vit là jusqu’à la fin des temps ; ou bien on passe son adolescence à se plaindre à longueur de journée que c’est un trou et qu’on n’a qu’une envie, en partir, et puis on se met en ménage avec une fille du coin nommée Bobbi, on se trouve du travail à l’usine Firestone et on vit là jusqu’à la fin des temps… »

Mon avis

J’ai passé un très bon moment en compagnie de Bill Bryson, je ressors avec l’impression d’avoir parcouru les Etats-Unis avec lui, à bord de sa vieille guinde poussiéreuse, d’avoir fréquenté les mêmes motels, d’avoir croisé les mêmes personnages anonymes, à la fois attachants et pathétiques, d’avoir vu les mêmes paysages, les mêmes patelins, d’être devenu cinglé et épuisé sur les mêmes routes perdues au milieu de nulle part, passant de territoires aussi bien majestueux qu’ennuyeux, pittoresques que profondément laids, passant de déserts arides aux prairies, de villages côtiers aux régions des Grands Lacs. Son récit est truffé d’anecdotes personnelles ou historiques pas forcément passionnantes mais qui suscitent ou bien le rire (voire le fou rire !) ou bien l’étonnement. C’est plein de fraîcheur et d’humour (noir), les américains sont gentiment tournés en dérision, c’est très décalé, et puis on apprend plein de petites choses intéressantes tant sur le plan culturel que géographique, c’est très instructif. L’auteur évoque aussi certains des aspects les plus sordides de l’Amérique, avec l’extrême pauvreté ravageant certaines de ses villes (Philadelphie par exemple) ou encore avec le racisme ambiant et bien connu de certains états, ceux du sud en particulier. D’autres passages sont plus nostalgiques et rappellent la perte d’une certaine Amérique, celle des tendres années 50 et 60, avec ses objets, ses émissions de télé, ses films de science-fiction aux décors et aux ambiances que Bill Bryson cherche d’ailleurs à (re)découvrir à travers son voyage, qui n’est pas une quête personnelle mais plutôt un désir de se confronter au temps passé (l’enfance et les voyages en famille) et par là même retrouver certaines sensations oubliées. Et puis le côté mystérieux, sinistres ou envoûtant de certaines routes américaines – sacrées, maudites, perdues – ressort bien aussi, on découvre quelques détails surprenant à leur sujet, nous rappelant à quel point les Etats-Unis sont démesurément vastes et à quel point ses régions peuvent se révéler inquiétantes ou grandioses – les régions du Montana, du Wyoming, pour ne citer qu’elles. On ne s’y attarde pas pour autant, parce que tout va vite dans ce livre, on roule, on s’arrête, on contemple, on observe et on écoute, on partage, et tout ça sur un ton très léger. Un beau voyage donc, avec au final un sentiment de réelle découverte.

A propos de F.

Un lecteur qui vous invite à découvrir ses lectures, qui les partage et en parle avec vous.

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