Terreur / Thriller

Nuit noire, étoiles mortes – Stephen KING

Nuit noire, étoiles mortes - Stephen KING dans Terreur / Thriller nuit-noire-etoiles-mortes__couvertureRésumé

1922

Un fermier du Nebraska assassine sa femme avec la complicité de leur fils pour l’empêcher de vendre sa propriété à un éleveur de porcs. Le début d’une véritable descente aux enfers dans un univers de violence et de paranoïa.

Big driver

Un auteur de polar se fait violer sauvagement au bord d’une route. Rendue à moitié folle par l’agression, elle décide de se venger elle-même de l’homme et de son effrayante complice…

Fair extension

Un homme atteint d’un cancer, fait un pacte faustien avec un inconnu : en échange d’un peu de vie, il vend un ami d’enfance dont il a toujours été jaloux pour souffrir (ô combien !) à sa place…

Un mariage parfait

Une femme découvre par hasard qu’elle vit depuis plus de vingt ans aux côtés d’un tueur en série. Que va-t-il se passer maintenant qu’il sait qu’elle sait…

Mon avis

Excellent recueil de nouvelles ! celles-ci me semblent très abouties, très bien écrites. L’univers de Stephen King est toujours aussi fascinant, y compris lorsque celui-ci écrit des histoires dans lesquelles les principaux monstres sont des êtres humains. On se souvient de Misery qui était un véritable chef-d’oeuvre de terreur alors qu’il ne contenait aucune créature venue d’un autre monde.

L’ambiance de 1922 est très travaillée, tant sur le plan psychologique que visuel, quasi envoûtante. Un père fermier et son jeune fils, complices d’un meurtre sauvage dans un trou perdu du Nebraska, avec ses champs de maïs à perte de vue, le soleil et la poussière, le silence et le vent, et puis… un vieux puits transformé en tombeau… il n’en faut pas plus à Stephen King pour raconter une bonne histoire « au coin du feu » et tisser entre son lecteur et lui un lien très intime, sentiment renforcé par une narration à la première personne.

Même chose pour Grand Chauffeur. Très bon récit, parfaitement conduit, une victime (Tess) très attachante, que l’on suit attentivement, depuis le moment où elle se fait violer jusqu’à celui où elle décide de faire justice elle même, en passant par son état de choc et ses investigations personnelles afin de comprendre comment cela s’est produit et qui est son agresseur. A partir de là le récit s’emballe et nous sommes embarqués vers un dénouement on ne peut plus obscur. Nouvelle très réaliste, où l’on retrouve là encore les décors et les ambiances chers à Stephen King, avec les stations d’essence et leurs panneaux d’affichages lumineux ; les zones industrielles et les vieux engins agricoles ; les vieilles routes perdues au clair de lune, la solitude et la désolation qui semblent s’abattre sur ces endroits à la nuit tombée. Tout cela permet d’établir un climat à la fois très réaliste et irréel, cela évoque des images fortes et précises, ce que King sait et fait très bien, en fin observateur qu’il est.

Extension Claire est peut-être la nouvelle la plus « jouissive » parce que la plus courte, la plus radicale aussi, avec un développement ultra carré, ultra efficace, et un enchaînement d’événements cyniques à souhait. Humour noire sont les maîtres mots de cette nouvelle dans laquelle le père King se montre volubile et sans pitié afin de remonter des eaux troubles et profondes la noirceur que renferme l’âme humaine et ses désirs empoisonnés, et qui nous rappelle par la même occasion à quel point la vie peut parfois se révéler extrêmement brutale et que ceci étant, rien n’est jamais acquis. L’ironie du sort n’épargne personne.

La dernière nouvelle, Bon Ménage, conclut de façon cruelle ce recueil. A l’image des autres histoires, elle laisse le lecteur être seul juge des événements et des personnages, ainsi que de leurs choix, et se faire sa propre opinion concernant des actes dont les conséquences sont irréparables – même lorsque les actes relevant de la vengeance peuvent être perçus comme étant « justes ». Justes ou non, ces actes peuvent vouer ceux qui les accomplissent à la damnation. C’est pourquoi, au travers de ces nouvelles, King interroge le lecteur : Et vous, qu’auriez-vous fait dans une telle situation ? Comme l’auteur l’explique lui-même dans sa postface, ce qui l’intéresse est de savoir comment réagirait une personne ordinaire si elle était confronté à une situation extraordinaire. C’est au lecteur de méditer là-dessus et de chercher la réponse en lui, s’il est capable de la trouver, ce qui est loin d’être aisé.

Stephen King a le don de nous turlupiner avec ses situations cauchemardesques, et cela fonctionne de nouveau à merveille avec Nuit noire, étoiles mortes. Contrairement à certaines nouvelles se trouvant dans Juste avant le crépuscule (le recueil qui précède Nuit noire, étoiles mortes) celles-ci sont bien plus directes et moins « laborieuses » si j’ose dire, sur le plan de la narration, notamment. Là, on n’est pas encombré d’une foule de détails ou de descriptions à rendre dingue. Je retrouve le romancier disons « prédateur » de Dôme, son avant dernier roman. Mais aussi, et comme toujours, le romancier généreux et entier. Et prêt à vous ramener à la lumière du jour après vous avoir tenu la main dans les endroits les plus sombres de son imaginaire… et du monde.

A propos de F.

Un lecteur qui vous invite à découvrir ses lectures, qui les partage et en parle avec vous.

Une réponse à “Nuit noire, étoiles mortes – Stephen KING”

  1. Le 13 juin 2013 à 0 h 20 min coldtroll a répondu avec... #

    dommage à la fin que tu fasses surgir le titre de dôme, que j’ai trouvé assez mauvais ^^

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