Poésie

Guillaume APOLLINAIRE – Alcools

Guillaume APOLLINAIRE - Alcools dans Poésie 2s7ykck2Dans l’ensemble, on peut dire que les poèmes de ce recueil viennent d’un autre monde. Ils sont très étranges, pas tous grandioses, mais il y a toujours des vers magnifiques ici et là, qui frappent vraiment et intriguent. Deux vers que j’aime énormément sont ceux-ci :

« Aujourd’hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées
C’était et je voudrais ne pas m’en souvenir c’était au déclin de la beauté »

« Le déclin de la beauté »… je trouve ça très beau.

Aucune ponctuation dans ce recueil, ce qui ne rend pas la lecture facile, et rend les poèmes encore plus mystérieux ! parfois complètement abstraits et à n’y rien comprendre. Beaucoup de moments lugubres, oniriques, dépouillés, Apollinaire est vraiment une énigme pour moi. Pendant la lecture, je regardais souvent sa photo sur la couverture pour lui demander : « Mais qui étais-tu ? » C’est le côté créatif, hors format et totalement libre, spontané, qui m’a surtout marqué, avec ces espèces d’images délirantes n’ayant aucun rapport les unes avec les autres et pourtant assemblées en vers incontrôlables, en fusion, ou comme si elles tombaient n’importe comment d’un rêve en éclat ! Rien d’étonnant à ce qu’Apollinaire fut un amateur de cubisme et ami avec Picasso.

Allez un petit poème à lire.

LES SAPINS.

Les sapins en bonnets pointus
De longues robes revêtus
Comme des astrologues
Saluent leurs frères abattus
Les bateaux qui sur le Rhin voguent

Dans les sept arts endoctrinés
Par les vieux sapins leurs aînés
Qui sont de grands poètes
Ils se savent prédestinés

A briller plus que des planètes
A briller doucement changés
En étoiles et enneigés
Aux Noëls bienheureuses
Fêtes des sapins ensongés
Aux longues branches langoureuses

Les sapins beaux musiciens
Chantent des noëls anciens
Au vent des soirs d’ automne
Ou bien graves magiciens
Incantent le ciel quand il tonne

Des rangées de blancs chérubins
Remplacent l’hiver les sapins
Et balancent leurs ailes
L’ été ce sont de grands rabbins
Ou bien de vieilles demoiselles

Sapins médecins divagants
Ils vont offrant leurs bons onguents
Quand la montagne accouche
De temps en temps sous l’ ouragan
Un vieux sapin geint et se couche

 

A propos de F.

Un lecteur qui vous invite à découvrir ses lectures, qui les partage et en parle avec vous.

Une réponse à “Guillaume APOLLINAIRE – Alcools”

  1. Le 10 août 2014 à 17 h 15 min jaclyn a répondu avec... #

    J’aime beaucoup Guillaume Apollinaire.

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Le sac

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