Classique

À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU II : À l’ombre des jeunes filles en fleurs – Marcel PROUST

51NUpV-D6sL._4e de couverture

« Tout d’un coup, dans le petit chemin creux, je m’arrêtai touché au cœur par un doux souvenir d’enfance : je venais de reconnaître, aux feuilles découpées et brillantes qui s’avançaient sur le seuil, un buisson d’aubépines défleuries, hélas, depuis la fin du printemps. Autour de moi flottait une atmosphère d’anciens mois de Marie, d’après-midi du dimanche, de croyances, d’erreurs oubliées. J’aurais voulu la saisir. Je m’arrêtai une seconde et Andrée, avec une divination charmante, me laissa causer un instant avec les feuilles de l’arbuste. Je leur demandai des nouvelles des fleurs, ces fleurs de l’aubépine pareilles à de gaies jeunes filles étourdies, coquettes et pieuses. « Ces demoiselles sont parties depuis déjà longtemps », me disaient les feuilles. »
Mon avis
Que c’était rude. Mais j’ai pris du plaisir, surtout dans la deuxième partie du roman qui se situe à Balbec (ville imaginaire de Normandie) et où c’est comme si on y était tant les regards du narrateur sur les choses et les êtres qui l’entourent sont extrêmement profonds. Comme la sensation de tristesse qu’il éprouve le soir de son arrivée à l’hôtel de Balbec, où il se sent perdu dans sa chambre, loin de ses habitudes et de ses repères. Les portraits des personnages sont savoureux (tendres, comiques, mais aussi parfois fastidieux) la relation entre le narrateur et sa grand-mère très touchante, offrant de belles scènes d’intimité. J’ai vraiment eu l’impression de me retrouver dans cette station balnéaire, avec l’omniprésence de l’océan et du ciel bleu, comme unifiés et vaporeux, de la végétation et des falaises. Dans ce contexte, l’atmosphère de l’époque et du monde décrit, ressort du livre comme une buée, avec un Proust obnubilé par ces jeunes filles en fleurs que l’on aperçois toujours de loin sur la plage ou au détour d’un chemin, et que l’on rêve, comme le narrateur, d’approcher enfin, tant elles expriment la beauté et ses nuances, la vie, la gaieté, la passion.
Par contre je dois bien avouer que certaines pages sont d’une maniaquerie excessive, boursouflées, imbuvables. J’ai eu plus de difficultés avec ce tome qu’avec le premier. Il faut s’accrocher pour traverser et sortir, sabre à la main, de cette jungle de phrases touffues.

A propos de F.

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