Classique

À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU III : Le Côté de Guermantes – Marcel PROUST

41WZvGSDJSL._4ème de couverture : « – Monsieur, je vous jure que je n’ai rien dit qui pût vous offenser.
- Et qui vous dit que j’en suis offensé, s’écria M. de Charlus avec fureur en se redressant violemment sur la chaise longue où il était resté jusque-là immobile, cependant que, tandis que se crispaient les blêmes serpents écumeux de sa face, sa voix devenait tour à tour aiguë et grave comme une tempête assourdissante et déchaînée… Pensez-vous qu’il soit à votre portée de m’offenser ? Vous ne savez donc pas à qui vous parlez ? Croyez-vous que la salive envenimée de cinq cents petits bonshommes de vos amis, juchés les uns sur les autres, arriverait à baver seulement jusqu’à mes augustes orteils ? »

Mon avis : Pas grand chose à ajouter par rapport à ce que j’ai déjà écrit sur les deux premiers tomes, le troisième n’est que la continuité de tout ceci, nous suivons le narrateur tout d’abord dans la caserne de son ami l’excellent Robert de Saint-Loup, noble aux idées modernes, dreyfusard, personnage que j’aime beaucoup. Nous rencontrons aussi dans ce tome l’amie de ce dernier, Rachel, avec qui Saint-Loup vit une liaison très tumultueuse. Puis le narrateur nous conduit dans deux salons, d’abord celui de la princesse de Villeparisis, ce qui donne lieu à de nombreuses analyses, observations, des dialogues savoureux, des discussions à la fois frivole et plus sérieuse – on parle de Zola, de Hugo, de Phèdre et Racine, du théâtre, de l’affaire Dreyfus qui secouait la France à l’époque, de peinture, de généalogie, bref, de quantité de sujets – puis enfin dans le salon de la duchesse de Guermantes, femme spirituelle, intelligente, mais aussi parfois très méchante. La combinaison de son charme, de sa spiritualité, et de ses sarcasmes, de sa langue parfois venimeuse, m’a souvent donner envie de la gifler, mais avec le désir de l’attirer aussitôt à soi pour l’embrasser fougueusement ! Eh oui, moi aussi je me fais parfois des films en lisant des livres ! ha ha ha ! Faut dire que ce personnage, la duchesse de Guermantes, qui s’appelle Oriane, est, comme tous les autres d’ailleurs, si parfaitement décrit, Proust la connait dans ses moindres détails -physiques, psychologiques, caractérologiques, intellectuels – qu’on ne peut qu’être irrésistiblement attiré et révulsé ! Albertine aussi me fait cet effet (répulsion en moins bien sûr) découverte dans Les jeunes filles, sur les plages de Balbec, et que l’on retrouve ici quelque peu changée, plus mâture, moins farouche et plus sensuelle, coquine, et dont le narrateur donne une description délicieuse : « Albertine avait une prononciation si charnelle et si douce que, rien qu’en vous parlant, elle semblait vous embrasser. Une parole d’elle était une faveur, et sa conversation vous couvrait de baisers. » Ah oui, et puis j’ai adoré et relevé la façon dont Oriane voit Zola à un moment, lors d’une conversation autour de la littérature : « Il a le fumier épique » et plus loin elle le définit comme « le Homère de la Vidange ». Franchement c’est très drôle, bien trouvé et on ne peut plus approprié, car les notes à la fin du livre concernant ces passages m’ont appris plein de choses sur la façon dont la critique voyait Zola à l’époque, et elle n’était pas tendre du tout avec ses romans ! Les critiques l’accusaient de tailler ses livres dans l’excrément, ou encore d’avoir la manie de montrer ce que personne n’avait envie de regarder. Le dossier à la fin du livre est d’une très grande richesse même si je ne m’y suis pas référé à chaque fois.
Vivement la suite. Ce tourbillon de phrases me fait souvent perdre la boussole, mais bon, je dois bien dire que lire Proust me passionne.

Tu n’auras pas ma peau sacré cinglé de Marcel ! non ! C’est moi qui t’aurai !

A propos de F.

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