Contemporain

Joyland – Stephen KING

couv11636935

Les clowns vous ont toujours fait peur ?
L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ?
Alors, un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage…
Mêlant suspense, terreur, nostalgie, émotion, un superbe King dans la lignée de Stand by me.

 

Mon avis

Franchement, j’ai préféré ce petit roman à Docteur Sleep. Ici, aucun ennui, aucune page inutile, aucune perte de vitesse, pas de détails superflus, beaucoup d’humour – les gags avec Howie le Chien Gentil sont vraiment tordants, je me suis bien marré ! – de l’émotion, du cœur, du mystère – plus que de l’horreur et de la terreur – il faut qu’Albin Michel arrête de voir de l’horreur dans un roman qui joue à fond la carte de l’émotion. Il faut arrêter le racolage, cesser de toujours souligner l’aspect horrifique des romans de Stephen King. L’horreur dans Joyland est un peu comme les ampoules grillées de la couverture : on les voit à peine, on remarque surtout celles qui brillent. Et ce qui brille dans ce roman, c’est surtout la générosité et l’émotion. Joyland pourrait être comparable en roman à ce que pourrait être une bonne comédie dramatique dans le cinéma indépendant de qualité.

J’ai vraiment eu l’impression d’y être, dans ce parc d’attraction, d’y avoir passé tout l’été, entouré de monde, de stands, de lumières, de joies, de cris, puis l’automne, quand le lieu devient désert et qu’un profond sentiment de douce nostalgie s’y installe, sentiment d’abandon… sentiment de malaise également… sentiment inquiétant. En raison de ce qui s’est passé à Joyland, dans La Maison de l’Horreur. Et donc la magie a parfaitement opéré.

J’ai bien aimé les personnages, tous plus ou moins attachants, les scènes de vie ordinaires que dépeint toujours très bien SK – comme les parties de scrabble avec Mrs. Shoplow, sa copine et Dev discutant en même temps des meurtres – et puis les moments un peu plus forts, comme la rencontre de Dev, le narrateur – avec qui le lecteur est très vite complice et ami – avec Annie et Mike, sur la plage, et la journée magique au parc avec le gamin. La « B.O » du roman est bonne aussi. Avec entres autres les Doors et Pink Floyd, rythmant les pensées de Devlin, tandis que le va-et-vient des vagues sur la plage rythme ses nuits. Bref, le décor est bien planté et l’atmosphère du récit ne manque pas de saveur ! Bon, j’ai bien trouvé certains passages un peu faciles, quelques clichés aussi, mais dans l’ensemble ce bouquin répond parfaitement aux attentes du genre tout en le transcendant. Roman construit en deux temps où l’on sent tout le métier et tout le talent du romancier, et qui ne serait sans doute pas ce qu’il est si ce n’était pas un vieux routier comme King qui était aux commandes. En effet il en ressort beaucoup de profondes pensées, beaucoup de mélancolie mais aussi beaucoup d’humanisme. Avec le temps d’ailleurs, j’ai l’impression que le King veut vraiment donner le meilleur de lui-même à ce niveau. On sent que son boulot, c’est de remonter le moral – sans tomber dans la niaiserie, Dieu merci ! – malgré tous les coups durs que le vie inflige, aussi bien à ses personnages qu’à nous-mêmes. Et Joyland en contient, des coups durs.

Donc un très bon moment de lecture, de forme légère, facile, mais qui ne laisse pas la sale impression d’être pris pour un pauvre couillon de consommateur. C’est avec ce type de roman que l’on sait que Stephen King est un vrai écrivain et pas un vulgaire faiseur d’intrigue sans fond et purement commercial.

A propos de F.

Un lecteur qui vous invite à découvrir ses lectures, qui les partage et en parle avec vous.

Une réponse à “Joyland – Stephen KING”

  1. Le 17 mai 2014 à 12 h 49 min jaclyn a répondu avec... #

    Je vais essayer de le lire. Merci de l’avoir conseillé!

    Dernière publication sur Pas de nouvelles bonnes nouvelles : Le sac

Ajouter votre réponse

Cometewaf |
Blogdeshojomanga |
Voulez-vous de mes nouvelles ? |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Skarbnica ciekawych artykułów
| Fragrancedepoesie
| Jm168540