Contemporain

La Peste – Albert CAMUS

La-peste-d-Albert-CamusRésumé : Dans les années 1940, une épidémie de peste s’abat sur la ville d’Oran. Jour après jour, le lecteur suit l’apparition et l’extension de la maladie. Il découvre les réactions de chacun des personnages face aux souffrances et à la mort : certains fuient, d’autres restent pour lutter. À travers ce grand roman, Albert Camus rend hommage à ceux qui affrontent la vie avec modestie et honnêteté, et nous invite à réfléchir sur les valeurs de solidarité et d’engagement.

Mon avis : Roman que j’avais essayé de lire il y a bien une vingtaine d’année. Je l’avais stoppé, car à l’époque je n’étais pas encore assez mûr pour lire ce type de bouquin que je ne pouvais pas comprendre. Aujourd’hui évidemment il en est autrement et j’ai beaucoup aimé. Alors oui le style est froid, mécanique, implacable comme le fléau qui ravage tout durant 300 pages, mais son rythme est entraînant. De bons personnages, dont le peu que l’on sait les rend attachants (mais pas trop non plus), des personnages humains et dépassés par les événements, devant faire des choix difficiles et preuve d’énormément de courage et de sang-froid au milieu du fléau, cherchant des réponses à leurs questions, tissant des liens. De grandes questions sont donc posées, les réflexions sont intéressantes (et Dieu dans tout ça ? Et comment que l’on s’organise ? Et peut-on encore rester des hommes et avoir un cœur quand les cadavres s’amoncellent et qu’on doit les brûler jour après jour dans des fours crématoires ? Et comment supporter l’absence des êtres aimés et comment encore penser à eux lorsque la peur et le désespoir vous étreint et que la peste vous menace ? Doit-on fuir ou s’investir ? etc). On s’interroge sur soi-même en compagnie de Rieux, Tarrou, Rambert et quelques autres, prisonniers de cette petite ville côtière d’Algérie, appelée Oran, parfaitement décrite par le narrateur, et où règne la chaleur, le soleil, la poussière et la mort. Un grand roman, c’est sûr.

La seule réserve que je poserai concerne le style. Maîtrisé (l’écriture est parfaite, les métaphores très bonnes, les descriptions nettes et précises, tenant en peu de mots) mais curieusement, (presque) dépourvu d’émotion. Les scènes les plus poignantes par exemple, ne le sont que par elles-mêmes, par leurs propres moyens, car le narrateur n’ayant pas choisi de faire part de ses impressions personnelles et profondes, de ses émotions, on se sent un peu détaché face à ce qui arrive à tous ces pauvres gens et l’on reste un peu dans l’observation froide. Du coup j’en ressors marqué, mais pas profondément. Ceci dit, très bonne impression globale. Ce cauchemar qu’est la peste est vraiment l’un des pires qui puissent s’abattre sur les êtres humains ; les dégâts sont colossaux, la souffrance immense. Je ne pourrais pas terminer en soulignant aussi que ce récit symbolise subtilement les années d’Occupation et de terreur et que son but au final, est de nous encourager à toujours rester des hommes et à toujours accomplir notre devoir, autant que faire se peut, quelles que soient les circonstances. Fraterniser et lutter pour la survie.

A propos de F.

Un lecteur qui vous invite à découvrir ses lectures, qui les partage et en parle avec vous.

2 Réponses à “La Peste – Albert CAMUS”

  1. Le 24 mai 2014 à 19 h 05 min Jwann a répondu avec... #

    Je suis au lycée et j’ai lu et beaucoup aimé La peste. Je pense que ça dépend beaucoup des personnes.

  2. Le 24 mai 2014 à 19 h 34 min F. a répondu avec... #

    Oui tout-à-fait. Mais attention, je ne dis pas que je n’ai pas été ému. Par exemple, « la scène du gosse », l’enfant du juge, est très dure et m’a remué les tripes. Mais dans l’ensemble, je ne suis pas complètement retourné. Et je le répète : La Peste est très grand roman.

    Maintenant si tu fais allusion à l’âge, il y a 20 ans j’avais 14 ans et le peu que j’avais lu de La Peste à l’époque, je l’avais compris, ce n’est pas ça le problème. Disons que je lisais peu en ce temps là, je ne pouvais pas vraiment saisir son importance et sa valeur, j’avais d’autres préoccupations. Mais tu verras que si tu le relis dans 20 ans, tu le ressentiras sans doute d’une façon encore plus profonde que maintenant. Ou moins peut-être.

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