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À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU IV : Sodome et Gomorrhe – Marcel PROUST

51JJDqDlSULLes choses évoluent, les personnages se découvrent de plus en plus, révèlent de nouvelles facettes de leur personnalité, les passions se déchaînent (gentiment… ), et Proust continu son étude du Monde, des sentiments, de la beauté, de l’art, de la nature, de l’amour, des rapports entre aristocrates, bourgeois, serviteurs, avec ici la question de l’inversion (l’homosexualité, dont l’étude est subtile, très intelligente, drôle et non complaisante – on est loin du grotesque et de la vulgarité de notre époque) bref, tout cela serait trop long à développer dans un commentaire, cette oeuvre est juste incroyable, la Recherche est un roman-univers difficile à décrire, il faut le lire pour comprendre. J’ai encore souffert avec certaines pages, d’autres m’ont ébloui, élevé très haut, je ne pensais pas me retrouver autant dans l’oeuvre de Proust, c’est parfois très dérangeant et en même temps rassurant, surtout lorsqu’il décortique les névroses des uns et des autres. On se dit que son cas à soi n’est finalement pas si désespéré. Bon. Et puis aussi, c’est incroyable de lire un livre où tout est original : le style, les analyses, le déroulement du récit, entre présent (celui du narrateur bien-sûr) et passé, d’une maîtrise hallucinante – à la fois très fluide, très coulant, et à d’autres moments tarabiscoté (mais tellement, d’ailleurs, que j’ai défoncé le livre sur mon bureau à un moment – tu m’excuseras Marcel, mais y’a des moments quand même t’exagères !) où l’absence de clichés est total (parce que les phrases sont uniques et ne ressemblent en rien aux phrases toutes faites des livres d’aujourd’hui, sans saveur et usées jusqu’à la corde) où le vocabulaire est riche, la culture partout (tout ce que j’ai appris sur l’étymologie des noms des villes Normandes !) où tous les sujets sont abordés intelligemment, ou tout semble neuf, nouveau, original. C’est ça qui est terrible. En lisant Proust, j’ai l’impression de toucher bien plus à la vérité du monde qu’en lisant un roman quelconque du 21e siècle. Plus je lis les vieilles œuvres, plus les modernes me paraissent fadasses, ennuyantes. Et puis le retour du narrateur à Balbec (ville côtière fictive de Normandie), dans ce tome, m’a complètement, mais alors, dépaysé et fait du bien ! J’ai l’impression d’y avoir été, et maintenant que j’ai refermé le livre, de ne pas en avoir assez profité ! c’est terrible ! avec ces moments où les fiacres viennent chercher les invités dans une petite gare au bout d’un chemin de fer, et prennent des sentiers dans la nuit pour arriver au domaine de La Raspelière, avec la rumeur de l’océan juste en bas des falaises, les vagues venant les cogner. Faut dire que j’en ai fait des balades sur les côtes normandes et dans les terres, alors forcément, ça a joué. En tous cas, Balbec est un des plus beaux endroits que j’ai découvert dans la littérature.

La suite bientôt.

A propos de F.

Un lecteur qui vous invite à découvrir ses lectures, qui les partage et en parle avec vous.

Une réponse à “À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU IV : Sodome et Gomorrhe – Marcel PROUST”

  1. Le 4 septembre 2014 à 18 h 36 min klo a répondu avec... #

    Une petite visite bien brève mais déjà une nouvelle entrée dans les livres que je souhaiterais lire. Merci :)

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