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Illusions perdues – Honoré de BALZAC

81iMYxD3kGLRésumé : Illusions perdues raconte le destin de deux amis, l’imprimeur David Séchard et le poète Lucien de Rubempré. L’un restera à Angoulême, l’autre partira pour Paris à la recherche de la gloire. 

Mon avis

Un long roman (750 pages) qui dit beaucoup de choses, qu’il serait bien difficile de résumer dans un court avis. Il s’agit à la fois d’une étude des mœurs provinciales et parisiennes. Dans les deux cas nous rencontrons des personnages manipulés et manipulateurs, rongés d’avarice, d’orgueil, guidés par l’appât du gain, sans scrupules, des êtres spéculateurs et cyniques.

Nous pénétrons le monde parisien de la librairie où tout n’est qu’intérêt, spéculation, du journalisme, où tout n’est que trahisons, jalousies, magouilles, immoralité, absence d’éthique, comme aujourd’hui : « Tout journal est (…) une boutique où l’on vend  au public des paroles de la couleur dont il les veut. S’il existait un journal des bossus, il prouverait soir et matin la beauté, la bonté, la nécessité des bossus. Un journal n’est plus fait pour éclairer, mais pour flatter les opinions. Ainsi, tous les journaux seront dans un temps donné lâches, hypocrites, infâmes, menteurs, assassins ; ils tueront les idées, les systèmes, les hommes, et fleuriront par cela même. »

Je n’ai pas beaucoup aimé le personnage principal, Lucien de Rubempré, le poète de province qui se sera vite laissé corrompre par Paris, malgré les belles rencontres qu’il y aura fait ; trop faible, trop souvent crédule, excessivement influençable, incapable de retenir une leçon, ou alors temporairement, et provoquant toujours le mal en voulant faire le bien.

La première et la troisième partie se déroulent à Angoulême, la deuxième partie, la plus longue, à Paris. On a l’impression de lire presque deux romans différents tant les univers dépeints par Balzac sont à l’opposé : d’un côté tout le luxe parisien et ses théâtres, sa vie coûteuse, ses décors mythiques, comme le Palais-Royal et ses galeries, superbement racontés par Balzac, qui nous fait sentir toute la vie et l’activité ayant animé autrefois ces lieux ; les mansardes miséreuses et les auberges du quartier Latin où vivent et où vont manger à peu de frais les poètes, écrivains, journalistes en haillons, gagnant très péniblement leur (sur)vie ; et d’un autre côté le calme et la simplicité de la vie provinciale, des laborieux et de la petite bourgeoisie, comportant elle aussi ses vices, ses bassesses, et où vit David Séchard, le beau-frère de Lucien, un inventeur sur le point de découvrir une nouvelle façon de fabriquer du papier de très grande qualité et à moindre coût. Ce qui provoquera des convoitises dans son entourage, auprès de papetiers détestables à souhait, qui représentent vraiment pour moi l’une des plus belles brochettes de crapules et d’avares qu’un auteur ait pu me présenter.  

Un roman qui foisonne de personnages plus ou moins ambitieux, permettant une étude profonde des comportements humains, des intérêts qui les animent, des sentiments qui les déchirent, le tout rempli de références historiques et culturelles, enrichissant la lecture qui dans le cas de Balzac reste très exigeante. Surtout qu’il y a dans ce roman tout un jargon qu’il est très difficile de comprendre, le jargon du journalisme, des libraires, des imprimeurs, sans parler de certaines procédures de justice compliquées concernant des magouilles dont je suis loin d’avoir saisi les subtilités. Il faut du temps pour digérer cette oeuvre de durée, de la concentration pour s’y immerger, et il faut y revenir pour apprécier la saveur et la profondeur de certaines pages. Je reviendrai à Balzac, écrivain passionnant dont il y a beaucoup de choses à apprendre, et pas seulement sur l’époque à laquelle il a appartenu, mais sur la nôtre aussi, qu’il éclaire du fin fond de son XIXe siècle.   

 

A propos de F.

Un lecteur qui vous invite à découvrir ses lectures, qui les partage et en parle avec vous.

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