Aventure, Classique, Historique

Ivanhoé -Walter SCOTT

Ivanhoe

Je ne vais pas m’étendre sur ce classique du roman de la chevalerie, et juste dire que tout y est : l’aventure, les attaques de châteaux forts, les forêts de la joyeuse Angleterre avec ses bandes de voleurs aux grands cœurs (légende de Robin des Bois), les duels en lice, les personnages vaillants et courageux, des prieurs bons vivants que la foi n’empêche pas d’apprécier les femmes, la bonne chair et le bon vin, des guerriers fort en gueule, bien bourrus, fiers et patriotes jusqu’à l’os – ceux-là feraient frémir les êtres les plus féminisés et droit-de-l’hommisés du 21e siècle pour qui l’amour de la patrie est une notion rétrograde et les chevaliers et les princesses des images sexistes et dégradantes – des femmes de toute beauté (Lady Rowena la saxonne et Rebecca la juive – que j’ai préférée parce que son personnage est plus fouillé) brillantes non seulement pour leur beauté mais aussi pour leur force de caractère et leur grandeur d’âme ; beaucoup d’humour, de réparties cinglantes, de lyrisme dans les dialogues qui nous emportent dans les moments les plus périlleux dans leurs tourbillons passionnels et sentimentaux. Le contexte historique est passionnant, il s’agit de ces temps lointains (12e siècle) où les Normands dominaient les Saxons après avoir triomphé de ceux-ci et conquis leur territoire, l’Angleterre, et comporte son lot de souffrances, puisqu’en plus de l’humiliation subie par les Saxons et la perte de leur souveraineté et autres privilèges, les rapports entre chrétiens et juifs étaient eux aussi des plus âpres, méfiants, hypocrites et intéressés, tout ça à la fois. Walter Scott dans ses portraits d’Isaac le Juif et des autres personnages chrétiens, prieurs, templiers, etc, n’épargne personne, mais ne manque pas d’ennoblir non plus, d’humaniser certains d’entre eux, et tente de les rapprocher (juifs et chrétiens, Normands et Saxons) à défaut de les réconcilier totalement. C’est là le côté humaniste de l’oeuvre, qui prône l’ouverture à l’autre (sans le reniement de soi) la paix et l’entente, et dénonce les fanatismes.

Une bonne lecture donc, très distrayante et sans temps mort, réunissant toutes les qualités dont Flaubert avait fait une très bonne synthèse dans Madame Bovary. Sauf que moi, quand même, je préfère Don Quichotte, comme quoi, même si j’apprécie beaucoup les sentiments chevaleresques et les tableaux idylliques, je préfère encore la manière dont s’en moque Cervantès.

A propos de F.

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