Classique, Les Rougon-Macquart

Le Ventre de Paris – Émile ZOLA

9782253005629-001-TQuels gredins que les honnêtes gens est le mot clé de ce troisième volume des Rougon-Macquart, et la démonstration qui en est faite est éclatante !

Après le luxe et l’opulence de la Curée, ses spéculations financières, ses magouilles, c’est dans le Paris des Halles, du petit peuple et de la petite bourgeoisie que Zola nous convie ici. Le personnage Florent est un évadé de Cayenne, où il a été déporté après les événements de juillet 48. Il est ramassé à Paris, dans une avenue, par une certaine madame François, en pleine nuit, cette femme se rendant aux Halles afin d’y vendre sa marchandise, des légumes. 

Le déroulement du récit consiste en quelques séries de flashback résumant la vie, le passé, de certains personnages (quelle a été la vie de Florent avant son arrestation, qui sont Cadine et Marjolin qui traînent partout dans les Halles, sur les toits, dans les caves, etc), ces scènes alternant avec des descriptions extrêmement vivantes des Halles (pour ne pas dire époustouflantes !) qui a l’instar de la serre dans la Curée, mais de manière plus omniprésente encore, constituent véritablement le corps (le ventre) du roman, avec aussi la charcuterie tenue par les Quenu-Gradelle.

Florent est le frère de Quenu marié à Lisa, qui possède la charcuterie avec son mari. Elle contrôle tout, tient à sa tranquillité, à sa réputation. Alors quand Florent débarque dans cette charcuterie, lui si maigre, l’air malade, loqueteux, au milieu de cette abondance de chair, de toute cette nourriture grasse, de cette famille si bien portante, des doutes s’installent aussi bien dans la charcuterie que dans les Halles, des rumeurs se mettent à circuler.

C’est autour de cela que va se dérouler l’histoire. L’arrivée d’un maigre que la nourriture et le confort ne comble pas, même après être revenu de l’enfer. Un homme épris de justice et d’égalité, tenté par la révolution, mais au fond d’une grande naïveté et absolument inoffensif et puis revenu de tout, déambulant au milieu de Halles aux mille odeurs, celles des poissons, des fromages, des tripes, des fleurs, au milieu de gens bien gras, dont seuls les revenus de leurs peines et la tranquillité petite bourgeoise comptent, ne s’occupant ni de l’Empire ni de son despotisme, celui-ci leur permettant après tout de mener une vie convenable, une vie d’honnêtes gens travailleurs. Alors Zola va peindre des personnages de femmes, d’hommes aussi mais surtout de femmes, vraiment dégoûtantes, dont la vieille mademoiselle Saget en tête, véritable charogne pourvoyeuse de ragots, et la belle Lisa qui sous ses airs d’honnêteté, de propreté, de femme éclatante de santé, travailleuse et irréprochable sur le plan moral, révélera une nature plutôt détestable, allant de l’égoïsme à l’indiscrétion en passant par une certaine forme de jalousie et de méchanceté.  

En résumé j’ai beaucoup aimé cette troisième histoire, que je place légèrement au-dessus de La Curée, peut-être parce que le monde décrit ici me parle plus. Les descriptions de Zola sont autant de tableaux que de symphonies, mais des tableaux et des symphonies dont les sujets sont la vacherie, la charogne, la puanteur, la saleté.  

La suite en juin avec La conquête de Plassans.

   

A propos de F.

Un lecteur qui vous invite à découvrir ses lectures, qui les partage et en parle avec vous.

2 Réponses à “Le Ventre de Paris – Émile ZOLA”

  1. Le 22 mai 2017 à 18 h 54 min LABORIE Maria Blanca a répondu avec... #

    Excelente critique sur ce livre .. merci..vous inciter les personnes qui aiment la Vrai et Bonne Littérature..à essayer de trouver les autres livres qui font partie de la série des Rougon ..

    • Le 24 mai 2017 à 13 h 15 min F. a répondu avec... #

      Merci d’avoir pris le temps de la lire.

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